Norme ISO 16128, Pourquoi faut-il s’en méfier ?

Norme ISO 16128, Pourquoi faut-il s’en méfier ?

nov. 17, 2018 Uncategories 0 Comments


On ne va pas se mentir : normes, labels, logos, lois, certifications...et bien plus encore...tout ça pourquoi ? Pour qui ? Tout ça pour dire que l’on vous l’accorde bien volontiers, l’on s’y perd et on ne sait souvent plus à quels saints se vouer.

 
Certains semblent être de vrais marqueurs de confiance et de transparence. D’autres en revanche manquent farouchement d’honnêteté et jouent avec l’innocence du consommateur que nous sommes tous. 
Cette fameuse « norme ISO 16128 » publié en 2017 dont il est ici question, de nombreuses marques françaises labellisées Cosmébio se sont unis pour appeler à la vigilance et cette norme fait encore l’objet de nombreux débats.
Alors afin d’y voir un peu plus clair sur la question nous allons tenter de démêler le vrai du faux et faire lumière sur les réels indices qui vous garantissent une réelle authenticité. Des produits alors qui seront au plus juste pour vous, jouant la carte du naturel de A à Z. 

Avant toute chose il convient de vous expliquer distinctement ce qu’est exactement cette norme ISO 16128 relative aux cosmétiques biologiques. De fait nous verrons pourquoi fait elle polémique ? Et quels risques cela représente pour le consommateur ? Et enfin nous verrons comment s’y prendre pour consommer des cosmétiques vraiment naturels ? 

Qu’est-ce la norme ISO16128  relative aux cosmétiques biologiques ?
Pourquoi cette norme fait-elle polémique ?
Quels risques cela représente pour un consommateur de cosmétiques biologiques ?
Comment s’y prendre pour consommer des cosmétiques vraiment naturels ?


Qu’est-ce la norme ISO16128 relative aux cosmétiques biologiques ?

Avant toute chose sachez que cette norme n’est pas un label à proprement dit mais a pour but d’établir une base commune aux acteurs du marché des cosmétiques biologiques, en somme elle structure et harmonise ce marché. 

Cette norme ISO 16128 a été publiée fin 2017. 

Il semble que le fond de cette norme soit assez léger car elle ne propose que d’établir quatre catégories d’ingrédients tout en en donnant les calculs à effectuer afin de connaître l’indice du « naturel » dans ces mêmes ingrédients ! 
Ainsi les marques ont la marche à suivre pour calculer les pourcentages d’éléments naturels et biologiques présents dans leurs produits, ces informations seront ensuite affichées sur les emballages de leurs produits finis.


À la suite de quoi elles sont totalement libres d’afficher ou non les résultats finaux. 

En clair, cette norme va permettre à une marque de cosmétique conventionnelle d’afficher sur son emballage que le produit comprend des ingrédients bio sans exclure tous les produits chimiques présents :  OGM, parabène, autres produits chimiques et polluant  


Rien à voir avec notamment le label « cosmebio » et bien d’autres beaucoup plus strictes dans leur cahier des charges à remplir pour être honorés du label en question. 

Il faut rester vigilant sur la composition des cosmétiques qui mettent en avant une démarche naturelle. A ce jour Cosmebio (label Exocet) est l’unique garantie de la non présence de produits toxiques dans un produit cosmétique portant la dénomination BIO. 


Pourquoi cette norme ISO 16128 fait-elle polémique ?

Plus encore que la norme dans son intégralité, c’est surtout son deuxième point qui fait débat. En effet cette norme s’est établie en deux temps et deux points différents : 
La partie 1 concernant « la définition des produits »
La partie 2 pointe les « critères relatifs aux ingrédients et aux produits ». 


Cosmébio ou encore Ecocert se sont levés devant ce texte pour en dénoncer le laxisme. Un manque de rigueur et de critères strictes qui laissent libre court à certaines pratiques douteuses dans l’élaboration des produits allant jusqu’à vendre leurs produits sous un label naturel alors que s’y l’on fouille ...il y a « anguille sous roche » ! Un exemple frappant dans ce texte il est permis de nommer élément « naturel » tous ceux issus du monde végétal...y compris ceux issus de l’agriculture intensive, conventionnelle (donc utilisation de produits phytosanitaires) et même des OGM ! Notez tout de même que ceci est bien ambigüe ! 

Croyez-vous que certaines marques vont s’empêcher d’emprunter les failles du texte afin de tirer la couverture de leur côté ? Très sincèrement peu probable, c’est pourquoi il convenait et convient de s’insurger devant ce texte. 

Les trois principaux points qui provoquent l’indignation chez les puristes du naturel sont les suivants :

Le terme « naturel » galvaudé et devenu terme « fourre-tout. 
À savoir qu’un ingrédient peut être qualifié de « naturel » dès lors qu’il contient 50% ou plus de matières premières naturelles. Et ce au même titre exactement qu’un ingrédient constitué de 100% d’éléments naturels. Simplement une moitié d’élément ou l’intégralité...pourtant chacun est à même de penser que la différence n’est pas des moindres et que cela change beaucoup à la fin ! 
D’autant que même un élément à seulement 50%
naturel se verra comptabilisé dans le pourcentage final de « naturalité » du produit ! 
Les résultats finaux ne veulent donc plus vraiment rien dire car les bases ne sont pas forcément les mêmes pour tous ! 

Aussi fou que cela puisse paraître...et pourtant vrai...la norme ne mentionne pas l’interdiction de l’utilisation de substances pétrochimiques ! Et pourtant personne n’ignore que beaucoup font l’objet de grands débats et autres manifestations. 
Comme nous avons vu les calculs sont déjà litigieux cependant les résultats finaux en termes de pourcentages sur produits finis sont obligatoires concernant les substances dites naturelles et biologiques. Cependant rien d’obligatoire pour tout le reste ! 
Si pour tout produit et selon les calculs méthodiques de cette norme le pourcentage final est égal ou supérieur à 95% alors aucun souci pour apposer la mention « produit naturel » mais que dire des 5% restant ? Aucune allusion et pourtant... car pour les substances les plus dangereuses la toxicité peut s’avérer très dangereuses même à toute faible dose ! Les parabènes par exemple « cancérogènes » avérés peuvent être présents parmi les 5% restant et passer inaperçu pour un consommateur naïf manipulé inconsciemment par la mention « produit naturel » présente. (Et souvent bien visible sur le packaging histoire que tout le monde tombe dans le piège sans se méfier de rien !) 
Sachez en outre que pour la mention « biologique » les choses sont un peu différentes car le produit doit au minimum remplir l’une de ces conditions :
-100% des ingrédients contenus sont issus de l’agriculture biologique 
-un organisme certificateur a attesté et certifié le caractère biologique.
-Le cahier des charges du produit est conforme aux exigences de l’organisme certificateur. 

Et enfin le troisième point c’est l’absence de contrôle laissant le champ libre aux fournisseurs. Les pourcentages affichés publiquement ne se baseront que sur la potentielle honnêteté de ces mêmes fournisseurs ! Aucun organisme extérieur ne viendra établir une quelconque vérification ! 

Quels risques cela représente pour un consommateur de cosmétiques biologiques ?

Connaissez-vous le « greenwashing » ? Autrement dit « l’ecoblanchiment »

C’est de vous faire croire qu’une marque est parfaitement eco-responsable en vous manipulant par des chiffres et des allégations sur son packaging. 

Avez-vous remarqué que depuis quelques années Mac Donald’s se pare de vert...serait-ce pour se racheter une conduite qui personne ne l’ignore n’a rien d’écolo-responsable ! 
En ce qui concerne ce petit jeu-là, les marques ne manquent en rien d’inventivité afin de duper le plus grand nombre. Et cette norme ne permet en rien de stopper voire même de ralentir ce processus. Comme nous l’avons vu bien trop simple de passer à travers les mailles du filet et se faire passer pour qui l’on n’est pas ! 

A travers cette norme c’est un jeu d’enfant de tromper le consommateur. Même si un produit contient moins que les 95% requis pour être dit « naturel » il peut par exemple contenir 85% d’ingrédients « dérivés naturels ».

Le produit fini ne pourra pas porter la mention « produit naturel » sur son packaging mais néanmoins (et c’est là où le bât blesse !) il pourtant afficher en gros « contient 85% de produit d’origine naturelle selon la norme ISO 16128 ».

Les 15% restant seront passés sous silence et le tour sera joué car bon nombre d’entre nous devant un produit dit à 85% comme naturel en soit ça n’a pas l’air si méchant cette petite bête ! 



Comment s’y prendre pour consommer des cosmétiques vraiment naturels ?

Bon respirez calmement car oui c’est possible En France tout n’est pas non plus possible et nous avons la chance que des organismes d’État aux règles beaucoup plus strictes et non opaques opèrent en gardes fous. C’est le cas de l’ARPP et de la DDGCRF qui régulent la publicité et imposent de se plier drastiquement aux conditions requises vu précédemment pour par exemple être qualifié de « produit biologique ». Idem pour les « produits naturels » certifiés par la tenue de véritables cahiers des charges beaucoup plus sévères que ce que le texte de la norme ISO ne stipule. 
Alors pas d’inquiétude ni l’Oréal, Unilever, ou encore Colgate ne peuvent jouer avec ce système et s’afficher dès demain comme « produit naturel » et encore moins « biologique » !  Rien qu’à lire leur liste d’ingrédients vous allez avoir froid dans le dos ! 

Alors c’est le moment de vous faire peur juste en lisant les listes de leurs flacons... vous allez vite les reposer ! Et grand bien vous fasse ! 

Les organismes en question vont bien plus loin dans la démarche et imposent une responsabilité sociale et éthique. Voilà pourquoi eux-mêmes remettent en cause l’huile de palme par exemple qui au-delà d’être un produit 100% naturel et parallèlement un désastre écologique. C’est pourquoi vos cosmétiques biologiques certifiés par « Cosmos » ou « Nature » (Pour l’Europe), « USDA » (Pour les États-Unis) mettront de côté l’utilisation de cette huile au profit de bien d’autres cultivées dignement et respectueusement donc ne mettant pas en danger ni les populations ni notre planète ! 

Alors pensez juste à vérifier sur vos produits leur origine. Et une fois que vous avez trouvez les bons endroits où vous fournir ainsi que les bonnes marques ...comme on le dit si bien « on ne change pas une équipe qui gagne !». 


Vous voilà désormais un peu plus expert sur la question ! Comme vous le voyez il n’est pas nécessaire d’avoir fait un doctorat en droit pour choisir vos cosmétiques. 

Il suffit juste d’être au courant de l’envers du décor ou plutôt l’envers du flacon ! Juste et simplement pensez que cette norme ISO 16128 ne peut pas se suffire à elle-même. Qu’elle ne sache pas être une réelle garantie tant son texte laisse grand flou et espace à manipuler. Choisissez les bons produits aux bonnes allégations. Chez Saadhia nous nous efforçons d’être les plus respectueux jusqu’au bout des ongles. Un respect de la planète (les ingrédients issus de l’agriculture biologique) mais aussi le respect des différentes personnes actrices du processus de transformation, des emballages Eco-certifies. Par ce que ce respect est une vraie ligne de conduite, une donnée inébranlable et un véritable engagement que l’on doit à notre mère nature d’une part mais aussi à vous de nous faire confiance. Transparents et authentiques nous ne sommes là que pour vous apporter au mieux ce que la nature nous offre. 

Élodie Serré (Art-thérapeute , Olfacto/Aroma-thérapeute)